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Gourmands et solidaires

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L’assiette oubliée, c’était l’occasion de se réunir entre lecteurs et bibliothécaires ce samedi 16 mai, pour parler de littérature-s et de solidarité-s. La question de la solidarité alimentaire a introduit la séance, qui s’est poursuivie avec la présentation des œuvres de quelques-uns des auteurs invités au festival Clameur(s) 2015 sur ce thème fédérateur et à portée universelle.

Slow Food : déguster solidaire !

Le Memento Slow Food

Memento ©Slow Food

Pour commencer, une invitation à venir déguster « bon, propre et juste », pour allier (re)découverte des mets locaux et bonne action, à l’occasion de la dégustation solidaire organisée dans le cadre du festival.

Cette dégustation est organisée en partenariat avec Slow Food Bourgogne, antenne locale du réseau international qui envisage un monde où chacun puisse avoir accès à une nourriture bonne pour lui, pour ceux qui la produisent et pour la planète. Cette philosophie et les actions qui l’accompagnent se retrouvent au cœur des publications de Slow Food, présentées lors de cette pause lecture solidaire et, comme toujours, gourmande !

Manifeste Slow Food

Manifeste ©Slow Food

Slow Food, manifeste pour le goût et la biodiversité, est sous-titré : « La malbouffe ne passera pas ! »

En effet, comme l’explique Carlo Petrini dans ce manifeste, c’est après avoir vu un fast food s’installer en plein cœur de la Rome baroque qu’il a créé à Paris le mouvement de la « nourriture lente », en opposition à la restauration rapide mais aussi, finalement, à la vie trop rapide, à la course incessante, pour encourager à prendre le temps de la dégustation et de la réflexion.

Plusieurs principes éthiques liés aux questions alimentaires se retrouvent donc sous cette bannière : la santé, des êtres humains et de la planète, le goût, le respect des producteurs et des consommateurs, à travers notamment les filières courtes et le soutien aux producteurs – c’est là que l’on retrouve la notion de solidarité, ainsi qu’avec le partage des ressources et des savoirs favorisés par le réseau à travers le monde, dans les écoles ou entre professionnels.

Almanach Slow Food 2014

Almanach 2014 ©Slow Food

Cette organisation internationale à but non lucratif repose sur un réseau local d’associations. Le réseau Slow Food a son siège en Italie et est présent dans de nombreux pays, notamment la France, les États-Unis, l’Allemagne, la Suisse, le Japon, le Royaume-Uni, l’Australie…

Le Memento Slow Food répond à toutes vos questions sur ce mouvement : idées, actions, histoire… en 47 pages synthétiques. L’organisation publie chaque année un almanach Slow Food, qui met en avant certaines des actions et associations du mouvement. Vous pouvez consulter en ligne le Memento Slow Food et  l’almanach Slow Food.

les Restos du Cœur 

L’association des Restos du Cœur, de son nom complet : Les restaurants du cœur – Les relais du cœur, est une association de loi 1901 à but non lucratif et reconnue d’utilité publique, créée en France par Coluche en 1985.

Peu avant la création des célèbres « Restos », Coluche disait ceci sur l’antenne d’Europe 1 :

« Quand il y a des excédents de nourriture et qu’on les détruit pour maintenir les prix sur le marché, on pourrait les récupérer et on essaiera de faire une grande cantine pour donner à manger à tous ceux qui ont faim. […] J’ai une idée comme ça […] si des fois il y a des marques qui m’entendent, s’il y a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu’on pourrait commencer à faire à Paris et puis qu’on étalerait dans les grandes villes de France, nous on est prêts à aider une entreprise comme ça, qui ferait un resto qui aurait comme ambition au départ de faire 2000 ou 3000 repas par jour gratuitement. »

Les restos du cœur 1985 2005

©J’ai Lu et Restos du cœur

L’association a bénéficié depuis du soutien de personnalités connues, et donc d’une grande médiatisation et de l’attention de la classe politique, permettant la création de nouvelles lois et la participation de nombreux bénévoles. Elle est constituée aujourd’hui de 11 antennes nationales, 119 associations départementales et 2000 centres.

Les personnes accueillies bénéficiant de l’aide des « Restos » sont des personnes dans la précarité, et malheureusement tous les profils sont représentées, qu’il s’agisse de personnes seules ou de familles monoparentales, de chômeurs en fin de droit (la moitié des personnes accueillies sont au chômage, déclarait Olivier Berthe en novembre 2013), de retraités disposant du seul « minimum vieillesse » ou encore de jeunes de moins de 25 ans ne bénéficiant pas du RSALes Restos du cœur parlent d’une pauvreté prenant un nouveau visage, avec l’apparition des travailleurs pauvres.

Pour les 20 ans de l’association paraît chez J’ai Lu Les restos du cœur, 1985-2005, avec des témoignages de personnes accueillies par les restos, de bénévoles et de personnalités politiques. C’est plutôt poignant, évidemment. Sans tomber dans l’angélisme ou le misérabilisme, non plus. Et puis c’est aussi parfois beau et inattendu, comme toutes les aventures humaines.

il y a les viticulteurs d’Ouveillan

« Le pays est rude, et le métier sans pitié : par ici, on sait ce que veut dire une mauvaise année. Je me souviens du temps où on crevait de faim… Comme je vous disais, on s’est organisés : depuis le début du siècle, on travaille tous ensemble pour une même cuvée, celle de la cave coopérative, qui produit un bon petit vin de pays. Du pays de l’Aude, entre Narbonne et Béziers. Chez nous, on vit la solidarité au jour le jour, sans y penser : quand, pour une raison ou une autre, un homme ne peut pas travailler, les voisins viennent faire le nécessaire à sa place pour préserver la récolte. […] c’était en 1992, à la fin de l’été. Un vrai déluge s’est abattu sur toute la région. […]

Dans le département, la solidarité s’est organisée, avec discrétion mais efficacité. On s’y est tous mis, c’est normal. Des gens d’ailleurs ont donné un coup de main. Au cours de l’automne, Jean-Jacques Goldman est même venu à Narbonne donner un concert de soutien. […] Au village, son geste nous a touchés. Une fois que tout est à peu près rentré dans l’ordre, on a eu envie de le remercier. C’est là que les gars de la cave coopérative ont eu une idée, l’idée qui a tout chamboulé. »

Les « gars de la coopérative » ont donc décidé d’offrir une vigne (« donner son vin, c’est un peu comme donner son sang ») à Jean-Jacques, qui ne voulait pas l’accepter contre rien… Depuis, le village et ses voisins, qui s’y sont mis aussi, organisent tous les ans Les Vendanges du Cœur : la Cuvée des restos et un concert à leur profit.

et puis il y a Françoise

« La pauvreté à la campagne, c’est pas comme à la ville. On est obligés de la cacher davantage, parce que tout le monde se connaît. Je sais, ça peut sembler absurde, mais c’est la vérité: il ne faut absolument rien montrer. Le moindre signe et c’est fichu, on est démasqué. Je prends un exemple. En ville, tu vas demander du pain à ton voisin, tu peux expliquer que tu as oublié d’en acheter, que la boulangerie est fermée, il ne se posera pas de questions, parce qu’il ne te connaît pas très bien et que ton histoire est crédible. Ici, ça ne marche pas. Ils te connaissent, tes voisins. […] Les gens de la ville, qui n’y connaissent rien, parlent de la solidarité des gens de la campagne. Ça existe aussi, heureusement. Mais de là à prétendre que c’est le paradis…

Alors on se débrouille tout seul, le plus longtemps possible. On mange les légumes du jardin. Les œufs du poulailler. On cueille les mûres des chemins pour faire la confiture, et puis les champignons. On se passe de beurre, de viande,  de téléphone, même d’eau chaude. La grande angoisse, c’est le jour où il faut penser à se passer de voiture. On ne peut rien faire ici sans voiture. Et puis il y a les chaussures pour les enfants. La cantine. La facture d’électricité… C’est dur de dégringoler… J’ai mis longtemps à trouver le courage de m’inscrire aux Restos. […]

Et puis voilà, un jour je n’ai plus eu le choix. Je me suis retrouvée dans la file, avec ma honte. Il faut l’avoir vécu pour savoir ce que c’est. Dès que j’ai pu, j’ai donné un coup de main. C’est normal, et puis c’est plus supportable de recevoir quand on donne aussi. […] Vous me croirez si vous voulez, mais je connais des habitués qui viennent juste pour le plaisir ! Ils n’ont besoin de rien sauf peut-être « d’un peu de chaleur », comme dit la chanson. Ils passent l’après-midi ici, à siroter un petit café en papotant, et repartent sans sacs-repas, mais contents. Ça veut dire au moins que même ici, on n’a plus honte d’être vus aux Restos. Et c’est pas trop tôt. »

Les Portraits des Restos du cœur, c’est la même idée, mais ici les témoignages sont rendus à travers les sobres photographies noir et blanc d’Antoine Agoudjian, impliqué dans l’aide humanitaire depuis 1988. Des bénévoles, des bénéficiaires, des gens, des repas, des sourires, des murs, des ouvertures…

©Glénat et les auteurs

©Glénat et les auteurs

La BD des restos du cœur, éditée chez Glénat en 1998, est un recueil de planches d’auteurs reconnus et engagés, comme Gotlib, Wolinski, Baudoin, Vicomte… Chacun à sa manière, chacun avec son style, raconte une histoire courte en quelques cases, parfois en une seule illustration pleine page, autour de la question de la solidarité alimentaire, du gaspillage, de la répartition des ressources, du sens de l’engagement… Ma préférée reste celle de Got, mais bon j’aime bien l’humour noir (et les corbeaux). Une BD achetée, c’est trois repas offerts pour les Restos.

©Pocket

©Pocket et Les Resto du cœur

Le dernier né, 13 à table ! est resté dans le top 5 des ventes en France pendant plusieurs semaines. Comme quoi « 13 à table » ça ne porte plus malheur, et 1 recueil de nouvelles acheté, c’est 3 repas distribués. 13 écrivains, des styles et des univers variés, tous abordant à leur manière la question de la nourriture et des repas, et tout ce qui y est lié. Maxime Chattam propose l’une de ces histoires aux frontières du fantastique dont il a le secret, à la recherche d’un « mal » jusque là inédit dans son oeuvre et pour le moins… dévorant. Pierre Lemaître nous plonge dans le quotidien d’un papy qui ne se voit pas vieillir et se rend compte qu’à son âge, inviter toute une smala à manger, ce n’était peut-être pas une si bonne idée… Il n’est pas forcément question de partage ou de solidarité dans ces nouvelles, sauf dans « La part de Reine », participation d’Éric-Emmanuel Schmitt, découverte de 2 deux êtres que tout oppose à travers l’amitié (la folle passion !) de leurs 2 chiens.

Regards sur le monde visages de la faim

©Acropole et Action contre la faim

Les Restos du Cœur ne sont bien sûr pas la seule association solidaire à éditer des ouvrages, fictions ou documentaires, essais ou beaux livres, et la bibliothèque en conserve un certain nombre. Parmi ceux-ci, Regards sur le monde : visages de la faim, publié chez Acropole et Action contre la Faim à l’occasion de leur 25e anniversaire en 2004, associe des photographies d’Isabelle Eshraghi, Brigitte Grignet, Jane Evelyn Atwood, Laurence Leblanc et Claudine Doury à des textes de Jean-Christophe Rufin. Sachez avant de l’ouvrir que certaines photographies, pour être belles et nécessaires, vous retournent quand même un peu l’estomac. Ici aussi, il s’agit d’un « livre solidaire » : les bénéfices sont en partie reversés à une association d’aide alimentaire.

Laurent, compagnon d’Emmaüs : récit des gares et recette de moules-frites

Cuisine commune : récits et recettes de compagnons d’Emmaüs nous invite à la table et à l’écoute de compagnons de Marseille, Dijon et Sainte-Sabine principalement. Parmi eux, Laurent :

« J’étais parti de chez ma mère. 5 ans de rue sans un foyer, juste dehors, dans les gares. J’avais les rangers, le pantalon déchiré, le perfecto, la coupe de cheveux. Je m’appelais l’Iroquois. J’ai connu une fille, on a fréquenté, puis, plus rien. J’ai eu un chien. La manche a commencé à bien marcher. Je faisais cent cinquante francs par jour avec ce chien. Les chiens ne regardent personne de travers. Ils t’aiment ou ils ne t’aiment pas. Ils ne te jugent pas. Quand tout le monde t’auras laissé tomber, tu auras encore ton chien près de toi. Donc, priorité au chien, il faut qu’il mange. La gueule ouverte, la langue pendante, il est là, il a plus besoin que toi.

La nuit, mon chien veillait sur moi, toujours devant, toujours dressé. Un jour, juste avant le soir, je l’ai vu couché, je l’ai appelé. J’ai regardé, il était niqué. Je savais qui c’était. J’ai mis mes rangers. Coups de lattes, il s’est pris le type. Quand un chien meurt, ça fait mal. Je l’ai enterré à la campagne, un terrain à côté de chez un de mes clients du Crédit. Il m’a aidé à creuser. On a fait une tombe, avec une croix, des fleurs et sa photo de chien. Le terrain est fermé, il est pour lui, il n’y a que lui. Je me suis laissé pousser les cheveux. J’ai fait Clermont-Ferrand, j’ai fait Nevers, j’ai fait Moullin-sur-l’Allier, Vichy, Nantes, Sochaux, Bourg-en-Bresse, Grenoble, sans jamais payer un billet. Je suis allé au hasard et je suis venu ici. Ce n’était plus une vie. Pour tenir vraiment la rue, il faut y être pressé, et il faut s’y perdre. Sache-le, ce n’est pas gratuit. »

solidaires ! oui, mais où ? au jardin, au marché, à table, à l’école…

La faim justifie les moyens

La faim justifie les moyens ? ©Flammarion

Je ne sais pas vous mais quand j’étais à l’école, nous participions régulièrement à des actions de solidarité et récoltions de la nourriture pour des personnes en difficulté. Pas sûre qu’à cette époque nous en comprenions bien tous les enjeux et contextes mais il s’agissait d’une première sensibilisation à la question et d’un objectif à mener en commun avec ses camarades et les autres classes. C’est le sujet de La faim justifie les moyens ?, roman jeunesse de Marc Cantin illustré par Éric Gasté, dans la série « Les meilleurs ennemis », qui met en scène les petites gueguerres scolaires de Clara et Hugo (parce qu’à cet âge là « les filles / les garçons c’est nul ! » paraît-il).

Dans cet opus, Carla et Hugo décident de participer à une collecte alimentaire pour venir en aide aux pays touchés par la famine. Mais pas question de bosser main dans la main ! Ce sera chacun de son côté, et la compétition s’engage (les filles contre les garçons, vous l’aurez compris). Chez l’épicier réputé radin, Hugo et ses copains collectent du riz et de la farine : ils sont plutôt dépités, ils trouvent que les légumes du jardin et les gâteaux de la pâtisserie du coin c’est plus sympa. Même type de denrées du côté des filles : la maîtresse n’est pas contente du tout ! À trop se chamailler, Hugo et Clara en ont oublié de penser aux besoin de ceux qu’ils sont censés aider : de la nourriture qui se conserve et pourra voyager. L’épicier, lui, y avait bien pensé. Du coup, les denrées périssables partent à la cantine, et toute la classe organise, cette fois, une collecte raisonnée à la sortie du supermarché.

©Jardins de Cocagne

©Alternatives

Le réseau des Jardins de Cocagne a pour slogan : « Vous avez besoin de légumes, ils ont besoin de travail : ensemble, cultivons la solidarité ». Cette organisation, créée en France en 1991 d’après un modèle suisse, propose un travail dans ses jardins à des personnes en difficultés, en besoin de réinsertion, et aux consommateurs des paniers bio et respectant des filières courtes.

Le fonds gourmand conserve plusieurs de leurs publications : le Guide des Jardins de Cocagne : cultivons la solidarité ! et les agendas 2011, 2012 et 2013 des Jardins, avec de nombreuses recettes pour cuisiner les produits locaux au fil des saisons. Vous pouvez aussi retrouver les recettes des agendas et d’autres recettes des jardins sur leur site. Depuis sa création, l’organisation a diversifié ses actions et un projet de Table de Cocagne : restauration bio du jardin à la table, toujours sur le même principe de solidarité-réinsertion-réciprocité, est en cours à Villeneuve d’Ascq.

AMAP ©Dangles

AMAP ©Dangles

La solidarité avec les producteurs est également au cœur des préoccupations des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, plus connues sous le nom d’AMAP, et des filières du commerce équitable. Les AMAP proposent des paniers maraîchers qui permettent d’associer dans un engagement réciproque producteurs et consommateurs pour définir des quantités et re-créer un lien autour des produits en respectant les filières courtes et les saisons. L’ouvrage de Maud David-Leroy et Stéphane Girou, intitulé tout simplement AMAP et paru en 2009 chez Dangles, est sous-titré « Replaçons l’alimentation au cœur de nos sociétés ». Il relate l’histoire du mouvement, créé sur le modèle japonais des Teikei – qui signifie « mettre le visage du paysan sur les aliments » et existe depuis 1971, le développement des AMAP en France, les points de vue des différents partenaires, ainsi que les implications de ce modèle en termes écologique, économique, politique et sanitaire, sans oublier le côté pratique.

Le livre de cuisine du commerce équitable

©Viridis

Le commerce équitable est apparu dès les années 1940 aux États-Unis et 1950 en France, avec le réseau OXFAM. Il est reconnu internationalement depuis 1964, année de la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et le Développement, et repose sur le slogan « Trade, not aid » : « du commerce, pas de l’aide ». Le commerce équitable défend également le respect du travail des producteurs, de la nature et de la santé, mais au départ plutôt à l’autre bout du monde, dans des pays « du Sud », avec le café et le chocolat bien connus mais qui ont été rejoints par de nombreuses autres denrées alimentaires et de l’artisanat. Il existe depuis 2012 un réseau de commerce équitable pour la France, créé par des producteurs laitiers mais destiné à s’ouvrir à d’autres filières agro-alimentaires : la société commerciale agricole Fairfrance.

Alter Eco recettes équitables

©Alter Éco

L’histoire du commerce équitable est longue, complexe et particulièrement riche. Pour mieux la connaître et s’y retrouver, on peut se référer au Dictionnaire du commerce équitable, coordonné par Vivien Blanchet et Aurélie Carimentrand, ouvrage de référence qui traite les grandes questions du commerce équitable, ses principes et ses acteurs, sans parti pris ni angélisme et sur un ton abordable et synthétique, à travers les angles sociologique, anthropologique, politique, juridique, économique… Et pour s’y retrouver dans la jungle des labels, il y a Le guide international des labels de commerce équitable édité par La plate-forme pour le commerce équitable, collectif français de concertation et de représentation des acteurs du commerce équitable.

Nos recettes équitables

©Max Havelaar

Il existe également des livres de recettes pour cuisiner les produits du commerce équitable : Le livre de cuisine du commerce équitable d’Érica Bänzigersalade de riz sauvage, mousse de quinoa au curry, croquants aux noix de cajou et à la mangue et thé du désert… Alter Éco, le livre de cuisine, avec la photographe Françoise Nicol et la styliste culinaire Catherine Madani qui mettent en valeur des recettes par type de produits équitables accompagnées de leur histoire : riz violet pour accompagner un colombo de poulet à la crème de coco, pilaf de quinoa aux girolles, mousse aux trois chocolats et Irish coffee… les recettes équitables des grands chefs et autres personnalités de la littérature, des médias et du sport, réunies par Max Havelaar dans Nos recettes équitables, avec les filets de rouget barbet au jus de bigarade de cacao de l’humoriste Christophe Alévêque, le foie gras aux bananes (si si) de Jamy Gourmaud, présentateur et auteur de l’émission « C’est pas sorcier », ou la charlotte à l’ananas de Muriel Hermine, ancienne championne du monde de natation synchronisée.

Les documents présentés dans ce billet gourmand et solidaire sont disponibles actuellement en salle de lecture de la bibliothèque patrimoniale, accompagnés d’autres ouvrages plus généraux sur le thème des solidarités, en prévision du festival Clameur(s) et de la dégustation solidaire.

Édit du 16 juin : retrouvez le compte-rendu de la dégustation solidaire sur le blog de Clameur(s).

Marie

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7 Responses

  1. Mireille étaitPoulain-Giorgi 11 juin 2015 / 18 h 58 min

    Comme toujours, travail remarquablement bien documenté.
    Eh bien moi Marie, quand j’étais enfant, c’est à dire dans les années 50, nous écrivions sur le tableau noir, en haut à droite, le total des PUPILLES.
    Mot obscur pour nous à cette époque.
    Nous apportions un petit sou pour les gamins qui étaient orphelins. Et lorsque la somme augmentait, nous l’inscrivions au tableau. Nous en étions fiers.
    **********************

    13 à table! Je l’ai lu et j’en ai fait un petit billet dans mon blog de Mediapart.

    13 à table! + Coluche = 1 million de repas.

    13 à table ! Est un recueil de nouvelles qui se vend 5 euros, publié par les éditions Pocket, au profit des Restos du cœur.

    13 auteurs ont accepté d’écrire bénévolement une nouvelle qui, de près ou de loin, a un rapport avec la table, la nourriture, les mets.

    4 femmes, Françoise Bourdin, Alexandra Lapierre, Agnès Ledig, Tatiana de Rosnay, ont mêlé la nourriture à une belle-mère abhorrée, un fils qu’on élève seule, une famille recomposée qu’on est obligé de supporter à Noël, le patron du mari qu’on se doit d’inviter.

    Les femmes sont ainsi. Nourricières. Victimes. Coupables.

    9 hommes, Maxime Chattam, Gilles Legardinier, Pierre Lemaître, Marc Levy, Guillaume Musso, Jean-Marie Périer, Eric-Emmanuel Schmitt, Franck Thilliez, Bernard Werber… nous apportent :

    * de l’oxygène avec une phrase comme « si c’est ce que tu préfères, mange le dessert d’abord »

    * du frisson avec « un homme en obésité morbide (…) il s’est mangé les mains, les bras et tout ce qu’il a pu attraper de lui-même jusqu’à sombrer dans l’inconscience, vidé de son sang. Avant ça, il a commencé par s’attaquer au plastique des bouteilles d’eau pour finalement se rabattre sur sa propre chair. »,

    * de la réflexion avec « le pain que tu gardes appartient à celui qui a faim. »

    Les hommes sont ainsi. Aventuriers. Poètes. Philosophes.

    0 pointé à Marc Levy. J’ai eu beau soulever tous les couvercles de casserole, je n’y ai pas vu l’ombre d’un plat qui mitonnait, pas senti le moindre fumet. Marc Levy a convoqué Aaron et Mehdi dans sa nouvelle. Mais foin de nourriture ! Il n’a même pas fait semblant de jouer le jeu. Il a écrit une histoire qui se passe en enfer. On l’apprendra à la fin de la nouvelle. Une impression de déjà vu. Peut-être Huis Clos ?

    2O/2O à Eric-Emmanuel Schmitt. En vingt-cinq pages, il est capable de mêler la nouvelle, la poésie, le théâtre, l’essai philosophique et théologique…. Et la bouffe !

    « Clovis ne possède rien, et dès qu’il reçoit, il partage. Je ne savais si je trouvais cela admirable ou fou. »

    Voilà. C’est du Eric-Emmanuel Schmitt. On aime ou on n’aime pas. Moi, j’aime. Point final.

    19/20 à Jean-Marie Périer parce que son histoire d’amitié entre Jules et Jim avec champagne tourne autour de Constance, mais je n’avais que le visage de Françoise Hardy entre les lignes. Et Françoise Hardy… Ben.. C’est Françoise Hardy!

    13/20 (parce que le 13 porte bonheur !) à Bernard Werber qui réjouira avec son Langouste Blues tous les végétariens, végétaliens, tous les amis des animaux, toutes les Elisa 13 du monde !

    … Et un premier accessit à C’est Nabum pour son billet Prendre l’air qui aurait pu figurer en très bonne place dans ce recueil 13 à table !

    http://blogs.mediapart.fr/blog/mireille-poulain-giorgi/031214/13-table-coluche-1-million-de-repas

    • Happy Apicius Happy Apicius 16 juin 2015 / 10 h 27 min

      Je n’avais pas vu, merci Mireille !
      Je n’ai pas non plus peur de commencer par le dessert parfois (ou de mélanger carrément) et suis bien d’accord avec votre analyse. Enfin sauf pour la nouvelle de Marc Lévy – parce que je ne l’ai pas lue celle-là, j’avoue. Mais pourquoi d’un côté les femmes et d’un autre les hommes, alors que vous écrivez des billets aussi forts que http://blogs.mediapart.fr/blog/mireille-poulain-giorgi/040615/une-femme-couillue-et-tendre ?
      Je me permets d’ajouter ici le lien vers le billet de C’est Nabum dont vous parlez, qui est tout à fait dans le ton, et qui aurait pu être le 14e invité à la table de la solidarité : http://blogs.mediapart.fr/blog/c-est-nabum/011214/prendre-lair
      Marie

      • Mireille étaitPoulain-Giorgi 20 juin 2015 / 13 h 54 min

        Pourquoi les hommes d’un côté et les femmes de l’autre?
        Vous me posez une colle, Marie.
        Peut-être pour faire remarquer qu’il n’y avait pas de parité?

        • Happy Apicius Happy Apicius 20 juin 2015 / 16 h 09 min

          Ah ! Alors dans ce cas ça va 😉 bien vu !
          Marie

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