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A la table du Président, un siècle de menus {exposition}

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A l’occasion du dépôt des menus de la collection Gomez, une exposition vous est proposée en salle de lecture de la bibliothèque patrimoniale. En voici la substantifique moelle pour vous donner envie de venir nous voir en vrai.

Vous y découvrirez une centaine de menus présidentiels de 1896 à 2018, issus de la collection de la bibliothèque et de celle de Guillaume Gomez et entrerez dans le secret des cuisines de l’Élysée (enfin presque…).

Pouvoir et gastronomie en Europe au 19e siècle

Une introduction en six menus, les seuls qui ne soient pas les témoins de réceptions présidentielles, pour constater que la pratique de mettre des menus sur la table de grands banquets n’a pas attendu la IIIe République. C’est l’occasion pour nous d’exposer pour la première fois l’un des menus les plus anciens de la collection, celui du repas offert à l’écuyer James Taylor lors de sa nomination comme high baillif par le roi George V, au Royal Hotel de Birmingham, ainsi que plusieurs menus de cours européennes : réceptions du roi de Prusse, de Léopold II de Belgique, de François-Joseph d’Autriche, de Charles de Bavière mais aussi de Napoléon III.

Dîner de réception de Gustave V de Suède par Armand Fallières, le 23 novembre 1908

A quoi ressemblent les menus ?

La Belle Epoque, l’âge d’or du menu présidentiel

La première partie de l’exposition est consacrée à l’évolution formelle des menus de l’Elysée. Ceux de la Belle Epoque sont parmi les plus beaux menus produits par la Présidence de la République française. Leur illustration, réalisée pour l’occasion, est généralement composée d’une allégorie de la France et du pays invité, sous la forme de deux femmes et de symboles des nations. La liste de leurs mets fait rêver…

Des années 1920 à de Gaulle, attributs et palais de la République

Suit une vitrine plus sobre, où le noir et blanc et l’estampe dominent. Aux petits menus assez simples de la IVe République, succèdent des menus au programme iconographique nouveau, composé de vues de l’Elysée et d’autres résidences présidentielles, comme Rambouillet ou Versailles, et réalisés par des artistes contemporains s’exécutant pour l’occasion.

Des années 1970 à 1990, les artistes à l’honneur

Sous Valéry Giscard d’Estaing, ce sont les collections d’art du patrimoine national qui sont utilisées et reproduites sur les couvertures des menus : Pierre-Joseph Redouté, Nicolas Robert, Louis Moreau mais aussi des scènes en lien avec le gibier, comme celles d’Antoine Barye, pour les repas des chasses présidentielles. François Mitterrand introduira des artistes plus modernes comme Cézanne, Seurat ou encore Bonnard.

L’épure républicaine

A partir du quinquennat de Nicolas Sarkozy, un nouveau modèle de menu est créé : un beau papier blanc et une apposition des symboles de la République (faisceau du licteur et monogramme RF) en simple gaufrage ou en version dorée, même si l’on retrouve parfois des modèles antérieurs et que des illustrations bien spécifiques, en lien avec l’occasion, peuvent être choisies pour des événements comme des commémorations de la Grande Guerre ou du Débarquement.

Dîner offert à George V, le 21 avril 1914

Devine qui vient dîner ce soir

Les hôtes de la table présidentielles, les chefs d’Etat et la société civile

Les quatre vitrines suivantes répondent à la question : qui déjeuner ou dîne à l’Elysée ? Longtemps ne furent reçus que des chefs d’Etat, et des chefs d’Etat européens. Progressivement le monde s’invite à la table présidentielle, au gré des situations politiques et diplomatiques : Afrique et Asie avec la décolonisation, Moyen Orient pendant la crise pétrolière. Si des membres de la société civile participent depuis toujours aux grands dîners, il faut attendre les années 1990 pour qu’elle soit l’invitée d’honneur du Président : journalistes, auteurs, footballeurs ou religieux…

Le menu, outil de la diplomatie française

Deux focus régionaux sont ensuite proposés pour illustrer la place de la réception à la française dans la diplomatie. Les relations franco-britanniques offrent de beaux exemples avec les menus d’avant la Première Guerre mondiale, à l’heure où se construit l’Entente cordiale et avec les menus des réceptions des rois et reines d’Outre Manche, qui furent et restent des hôtes particulièrement prestigieux.

L’exemple russe est aussi très intéressant, du rapprochement entre l’Empire et la République sous Félix Faure et Nicolas II à Vladimir Poutine en passant par les responsables de l’URSS.

La table élyséenne en voyage

Le président, comme le faisaient les rois de France, voyage à travers le pays, dans les provinces et les colonies, l’occasion de découvrir des spécificités locales autour des menus, comme les soieries lyonnaises ou les illustrations paternalistes des représentations de la métropole face à ses colonies. Un focus sur les réceptions faites à Dijon entre 1899 et 1995 est bien sûr mis en valeur !

 

Dîner de réception de Gustave V de Suède, le 23 novembre 1908. Cliquez pour agrandir

Qu’est-ce qu’on mange à l’Elysée ?

La gastronomie du pouvoir

Si vous voulez connaître les recettes qui se cachent derrière des dénominations comme consommé à la Rossini, filets de carpe à la Chambord, punch à la Romaine ou glace Gismonda, si vous avez envie de savoir qui cuisine à l’Elysée et comment un repas est constitué et choisi, cette vitrine est faite pour vous !

L’évolution de l’ordonnancement des mets

Pour finir, l’exposition vous expliquera la succession de la quinzaine de plats qui sont encore servis à l’extrême fin du 19e siècle et comment l’on passera progressivement au trio entrée-plat-dessert ou au quatuor entrée-plat-fromage-dessert, sans oublier quelques informations sur le choix des vins.

Pour aller plus loin :

Caroline

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